Doléance d’une adhérente de la LCVR du Loiret

La limitation de vitesse à 80 km/h sur les routes sans séparateur central va-t-elle être remise en cause ?

Cette mesure a été prise suite à des études réalisées par des spécialistes de l’accidentologie : sa remise en cause serait une mesure démagogique pour satisfaire certains élus et usagers aux dépens de la sécurité routière qui est un problème de santé publique.

On ne peut qu’être surpris de l’attitude de certains élus, universitaires, géographes, statisticiens… qui ont entretenu dans les médias l’idée selon laquelle le mouvement des « gilets jaunes » aurait été déclenché par la limitation de vitesse, car celle-ci pénaliserait la ruralité.

C’est ignorer que c’est dans les zones rurales et sur les routes départementales (RD) que le nombre et la gravité des accidents sont les plus importants. Une étude de Matthieu Grossetête (chercheur à l’université de Picardie), publiée dans Le Monde Diplomatique d’août 2016 et que nous avions relayée sur notre site montre :

  • d’une part, que 80% des accidents mortels ont lieu sur les RD.
  • d’autre part, que ce sont souvent les personnes qui vivent loin des agglomérations, qui effectuent les trajets les plus longs pour se rendre au travail, qui sont les premières victimes de ces accidents.

Nombre de « spécialistes » de ce sujet ont été invités dans les médias : pourquoi n’ont-ils pas indiqué que la limitation de la vitesse réduisait la gravité des accidents, la consommation de carburant, et la pollution : autant de sujets qui sont au cœur des préoccupations des citoyens…

Par ailleurs, on ne peut pas laisser dire que la mise en place des contrôles automatisés de la vitesse (avec l’installation des radars) est un racket : leur installation et leur entretien s’évaluent en millions d’euros par an alors que le coût annuel de l‘insécurité routière s’élève à 24 milliards ! La multiplication des contrôles et les sanctions qui en découlent éventuellement sont des mesures essentiellement préventives et éducatives.

La réduction de la vitesse aboutit de fait à une diminution du nombre d’accidents, et donc de victimes (pour mémoire, 1% de réduction de vitesse entraine une diminution de 4% du nombre de morts.)

Qui décidera de la remise en cause de la limitation de vitesse sur notre territoire devra assumer l’augmentation du nombre de morts et de personnes handicapées à vie.

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