L’inconstance de nos responsables

Edito de notre “Lettre aux adhérents” de juin 2019

A l’heure où le gouvernement s’apprête à revenir sur la limitation de vitesse à 80 km/h sur les voies à double sens sans séparateur central, laissant ainsi les responsables départementaux déterminer les axes qui seront concernés par le retour aux 90 km/h, il me faut dénoncer encore l’inconstance de nos responsables politiques et le tort qu’ils font à cette lutte importante qu’est la sécurité en général et la Sécurité Routière en particulier. En cédant encore aux détracteurs historiques ou opportunistes de tout genre qui pullulent dans notre société sans attendre l’évaluation de ladite mesure, ils affaiblissent la crédibilité des instances en charge de ce domaine tel que le Comité Interministériel de la Sécurité Routière (CISR). Ils renvoient également un message selon lequel l’infrastructure est plus importante que le comportement et le respect du Code de la Route, mettant les responsables de ces infrastructures en difficulté à l’avenir puisque ce ne serait pas aux conducteurs à s’adapter, mais à la route.

On voit encore ici toute la difficulté de passer d’une culture de l’obéissance à une culture de l’adhésion. La mauvaise (pour ne pas dire l’absence de) communication sur la mise en place de la limitation à 80 km/h a été plus forte que le courage d’un homme, quand bien même il est Premier Ministre.

L’éducation routière permanente dès le plus jeune âge est la seule façon de faire que la sécurité routière ne soit plus un enjeu politique ajustable à souhait par les calculateurs au service de certains ambitieux, mais qu’elle soit véritablement un enjeu national, auquel adhèrent le plus grand nombre des citoyens et usagers. Regardons l’exemple de pays comme la Suède ou la Finlande qui, depuis plus de 30 ans, ont vraiment intégré la sécurité routière dans les programmes scolaires. En France, les programmes existent mais qui est véritablement chargé de les transmettre ? Il faut pratiquement attendre le collège pour apprendre par cœur le Code de la Route sans en comprendre véritablement les fondements. Pour prendre conscience du risque, il est nécessaire d’être sensibilisé et d’acquérir des connaissances dès le plus jeune âge.

Vous l’avez compris : avant que cette mesure ne soit remise en cause, nous aurions souhaité que soit publiée l’évaluation prévue en 2020. Les premiers retours, fin 2018, étaient plutôt positifs avec le nombre de tués le plus bas depuis la création de la sécurité routière (1972). Maintenant, il nous faut savoir sur quelles bases statistiques seront retenus les axes concernés par le retour aux 90 km/h. Quels seront les critères qui détermineront ces choix ? Seront-ils les mêmes pour tous les départements ? Quelles responsablités face aux victimes et familles de victimes ? Est-il envisageable ou envisagé une expérimentation, ou du moins une évaluation ?

Pour obtenir des réponses, nous avons demandé à rencontrer les responsables du Conseil Départemental du Loiret. Nous leur communiquerons l’étude que nous avons réalisée en 2018 : elle démontre que la limitation à 80 Km/h épargnerait de nombreuses vies dans notre département. L’espoir d’une écoute et d’un entretien constructifs nous anime. Nous ne manquerons pas de vous faire part des réponses obtenues.

Une pensée sur “L’inconstance de nos responsables

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *